Propriétaire ou locataire : y en a-t-il un plus libre que l’autre ?

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Propriétaire ou locataire ?

« Tu paies un loyer ? C’est de l’argent jeté par les fenêtres. »

« Deviens propriétaire, au moins tu construis ton patrimoine. »

« Achète, tu seras libre. »

Je suis sûre que toi aussi tu as déjà entendu ces phrases.

Cette injonction sociale.

Devenir propriétaire = réussir sa vie.

Rester locataire = rater quelque chose.

Mais est-ce vraiment si simple ?

Est-ce qu’être propriétaire rend vraiment plus libre ?

Ou est-ce juste une autre forme d’enfermement qu’on ne voit pas ?

Le rêve de la maison : entre sécurité et épée de Damoclès

Avoir sa maison.

Ne plus payer de loyer « pour rien ».

Être « chez soi ».

Construire son patrimoine.

Pendant longtemps, cela a fait partie de mes rêves.

De mes objectifs.

Et sur le papier, c’est séduisant.

Mais regardons de plus près.

Le crédit : 20 à 25 ans de liens en moyenne.

Pour acheter, la plupart des gens s’endettent.

20 ans.

25 ans.

Parfois 30.

D’ailleurs, sur ce crédit, tu paies une part importante d’intérêts et d’assurance.

Sans parler des frais de notaire.

Et souvent pendant ces années, tu peux vouloir te sacrifier.

Mettre de côté ta liberté en te disant :

« Je ferai ça quand le crédit sera payé. »

Sauf que la vie, surtout de nos jours, n’est pas toujours comme on l’avait prévue le jour de l’achat.

Il peut s’en passer des choses en 10, 20, 30 ans.

Tu peux changer de situation personnelle, professionnelle.

Tu aurais envie de te lancer dans l’entrepreneuriat, mais c’est délicat de réduire les mensualités du crédit.

Tu reportes donc.

Parce qu’au fond de toi, cette voix :

« Si tu perds tes revenus, tu perds ta maison. »

Alors, propriétaire… ou prisonnier ?

Les coûts cachés : ce qu’on ne te dit pas

Le crédit, c’est une chose.

Mais ce n’est pas tout.

Quand tu es propriétaire, tu paies :

La taxe foncière.

En moyenne 1 090 € par an en 2025.

Et elle augmente chaque année (+1,7 % en 2025, +3,9 % en 2024, +7,1 % en 2023).

Les charges de copropriété (parfois).

En moyenne 46,77 € par m² et par an.

Pour un 50 m², ça fait environ 2 300 € par an.

Et ça monte vite si des travaux sont votés.

L’entretien.

Une chaudière qui lâche ? 3 000 € minimum.

Une toiture à refaire ? 10 000 à 30 000 €.

Des fenêtres à changer ? 5 000 à 10 000 €.

Bref, même sans crédit, être propriétaire coûte cher.

Parfois beaucoup plus cher qu’un simple loyer.

La charge mentale : invisible mais réelle

Et puis il y a ce qu’on ne voit pas.

La charge mentale.

Anticiper les travaux.

Gérer les imprévus.

S’inquiéter de la revente.

Et lorsqu’il y a une copropriété :

Suivre les assemblées générales.

Négocier avec le syndic.

Tout ça prend du temps.

Du temps mental.

De l’énergie.

Et ça, ça n’a pas de prix.

Enfin si.

Ça a un coût énorme sur ta liberté intérieure.

La revente : quand le patrimoine devient piège

« Oui mais au moins, en revendant, tu récupères ton argent. Voire tu fais une plus-value ! »

Vraiment ?

Le temps de la recherche : des mois, voire des années

Acheter la « bonne » maison, ça prend du temps.

Des mois de recherche.

De visites.

De comparaisons.

Des heures sur les sites immobiliers.

Des week-ends sacrifiés.

Et si finalement, tu te trompes ?

Si le quartier change ?

Si le voisinage devient insupportable ?

Un immeuble se construit juste devant chez toi ?

Des années de travaux et une vue gachée.

Un tremblement de terre.

Une déviation.

Si tu te rends compte que cette maison ne te correspond plus ?

Tu es coincé.

Parce que revendre, c’est parfois plus long que prévu.

Cela peut être compliqué.

Et même coûteux.

Les travaux : argent et énergie engloutis

Certains préfèrent acheter une maison à retaper.

« C’est moins cher. »

« Je vais faire les travaux moi-même. »

Sauf que :

Les travaux prennent majoritairement plus de temps que prévu.

Ils coûtent généralement plus cher que prévu.

Et pendant ce temps-là, tu vis dans un chantier.

Ou tu paies un loyer ET un crédit.

Double peine.

Sans compter l’énergie mentale et physique.

Les week-ends à bricoler (après, si c’est ta passion, cela les vaut peut-être).

Les soirées à chercher des artisans.

Les disputes avec le conjoint parce que « non, ce n’était pas prévu comme ça ».

Où est la liberté là-dedans ?

Avoir la possibilité de choisir le papier peint ?

La revente : frais et incertitude

Et quand tu veux revendre ?

Tu paies encore.

Frais d’agence : 4 à 7 % du prix de vente.

Diagnostics obligatoires : plusieurs centaines d’euros.

Parfois des travaux à faire avant de vendre pour que ce soit « vendable ».

Et surtout : l’incertitude.

Combien de temps va mettre ta maison à se vendre ?

3 mois ?

6 mois ?

1 an ?

Pendant ce temps-là, si tu as déjà trouvé ailleurs, tu paies double.

Crédit + loyer.

Ou crédit + nouveau crédit.

Le patrimoine devient alors un boulet.

Et si tout s’effondre ? La question qui dérange

Il y a une question qu’on n’ose pas poser.

Mais qui est là bien au chaud dans nos esprits.

Tu as peut-être déjà entendu des personnes en parler.

Est-ce qu’on est vraiment propriétaire ?

Juridiquement, oui.

Mais concrètement ?

Tu paies des impôts sur « ton » bien.

Si tu ne paies pas la taxe foncière, l’État peut saisir.

Tu dois respecter des normes.

Des règlements.

Des lois qui changent.

Et parfois, on entend parler de projets d’expropriation.

De réquisitions.

De taxes exceptionnelles sur les propriétaires.

Si demain l’État décide que ton bien ne t’appartient plus vraiment, qu’est-ce que tu peux faire ?

Je ne dis pas que ça va arriver.

Mais la propriété n’est pas aussi absolue qu’on le pense.

Elle reste soumise à un cadre légal.

Qui peut évoluer.

Locataire : la liberté absolue ?

Être locataire, c’est souvent vu comme « moins bien ».

Mais je peux aussi le voir d’un autre œil.

La flexibilité : un luxe sous-estimé

Quand tu es locataire, tu peux partir.

Préavis de 1 ou 3 mois.

(Personnellement, pour moi, 3 mois c’est déjà trop — d’où l’intérêt d’être dans des zones tendues ou dans des meublés.)

Et hop.

Tu changes de ville.

De région.

De pays.

Tu emménages chez ta moitié.

Tu retournes chez tes parents.

(Bon là, on peut quand même se poser la question de la liberté, mais pour certains cela permet de diminuer la charge mentale pendant une période difficile ou de se remplumer pour un nouveau projet.)

Tu acceptes une opportunité professionnelle à l’autre bout de la France ?

Pas de problème.

Tu veux tester une nouvelle vie ailleurs ?

Tu peux.

Cette flexibilité peut être vue comme une forme de liberté immense.

Surtout à une époque où les carrières ne sont plus linéaires.

Où on change de job, de ville, de vie.

En tout cas, pour moi, cet angle-là m’a permis de prendre un peu de recul sur mes positions initiales.

Moins de charge mentale : la copro, c’est pas ton problème

Chaudière en panne ?

Le proprio s’en occupe.

(Bon après, il y a le bon et le mauvais propriétaire.)

Toiture à refaire ?

Pas ton problème.

Travaux de copropriété votés ?

Tu t’en fiches.

Tu habites. Point.

Tu n’as pas à gérer.

À anticiper.

À stresser.

(Je mets une parenthèse ici : moi, être locataire me fait souvent stresser pour la caution. C’est bête. Surtout que je suis super précautionneuse et que je rends toujours le logement dans un meilleur état que je ne l’ai trouvé. Enfin aujourd’hui, je me dis que pour l’équivalent d’un mois de loyer / un smartphone / un PC… je ne sais pas si cette somme vaut mon stress ni le temps que je passe à sur-nettoyer le logement.)

Juste à vivre.

Et ça, ça n’a pas de prix.

Être dédouanée des responsabilités.

Encore une fois, il faut quand même avoir un propriétaire qui s’occupe de ce qui lui incombe et qui ne laisse pas traîner les problèmes ou nous met en danger, sinon la liberté est limitée.

Le coût réel : parfois moins cher qu’être propriétaire

On dit toujours « le loyer, c’est de l’argent perdu ».

Mais ce n’est pas toujours exactement vrai.

Regarde bien :

Voici une comparaison chiffrée estimée de ce que coûtent acheter vs louer un logement (50 m², prix = 200 000 €) en France, à différents horizons de vie (5, 10, 20 et 30 ans).

Hypothèses de calcul :

Achat

  • Prix d’achat : 200 000 €
  • Apport : 10 % (20 000 €)
  • Frais de notaire : ≈ 7 % du prix (≈14 000 €)
  • Crédit : 180 000 € à ~3,5 % sur 20 ans → mensualités ~1 050-1 100 €
  • Charges annuelles :
    • Copropriété : ~1 200 €/an
    • Taxe foncière : ~900 €/an
    • Assurance habitation + assurance prêt : ~1 200 €/an
    • Entretien / réparations : ~2 000 €/an
    • Total : environ 5 300 €/an ≈ 440 €/mois

Location

  • Loyer : 723 € / mois aujourd’hui
  • Inflation des loyers : ~2 % / an

Résultats estimés :

DuréeCoût total ACHETERCoût total LOUER
5 ans~122 000 €~46 700 €
10 ans~212 000 €~106 000 €
20 ans~390 000 €~244 000 €
30 ans~425 000 €~374 000 €

Ce que ça veut dire :

Sur 5 ans, louer coûte beaucoup moins cher (effet des frais de notaire, apport et intérêts).

Sur 10 ans, toujours moins cher de louer si tu pars avant la fin du crédit.

Sur 20 ans, les deux se rapprochent selon la localisation et l’évolution des loyers.

Sur 30 ans, les coûts deviennent très proches — voire légèrement moins coûteux d’avoir acheté si le bien se valorise.

Donc acheter, oui, mais c’est un investissement sur du très long terme.

Aujourd’hui, es-tu prêt à faire cela ?

Jamais vraiment « chez soi » : un inconvénient récurrent 

Un des gros points noirs de la location soulevé, c’est ça.

Tu n’es jamais vraiment chez toi.

Tu ne peux pas refaire la déco comme tu veux.

Peindre les murs.

Abattre une cloison.

Planter un arbre dans le jardin.

Tu dois demander l’autorisation.

Et parfois, on te dit non.

Surtout en meublé, où tu vis avec les meubles de quelqu’un d’autre.

Avec son canapé inconfortable.

La déco qui n’est pas à ton goût.

Et la literie usée.

Sans parler de tous les appareils électroménagers qui sont vieux et consomment un bras, car ce sont les anciens du propriétaire qu’il a recyclés quand il a changé les siens.

C’est frustrant.

Et ça peut être un vrai manque de liberté.

Sauf si tu es prêt à perdre ta caution.

Alors, propriétaire ou locataire ?

Au fond, la question n’est pas :

« Qu’est-ce qui est mieux ? »

Mais :

« Qu’est-ce qui correspond à MA vie ? »

« Qu’est-ce qui me rend MOI plus libre ? »

Pour certains, être propriétaire, c’est la sécurité.

L’ancrage.

Le sentiment d’avoir « quelque chose à soi ».

Et c’est ok.

Pour d’autres, être locataire, c’est la flexibilité.

La légèreté.

Posséder moins.

La possibilité de bouger sans se poser 10 000 questions.

Et c’est ok aussi.

Il n’y a pas de bonne réponse universelle.

Juste une réponse pour toi.

À un moment donné.

Qui peut évoluer.

Qui peut changer.

Ma réflexion personnelle (en cours) – sur le fait d’être propriétaire ou locataire

Comme dit plus haut, pendant longtemps j’ai rêvé de devenir propriétaire.

Je ne l’ai jamais été.

Après des moments de doute et de stress, aujourd’hui je me dis : je verrai.

L’avantage, c’est que je n’ai plus personne à charge, donc mes choix n’incombent que moi.

Je suis une personne qui s’investit, alors j’ai vraiment du mal à me dire : « Ce n’est pas mon logement donc je ne l’améliore pas. »

En plus, j’ai besoin de me sentir chez moi, donc je l’adapte toujours un peu.

Mais j’aime me dire que si besoin, je peux bouger facilement.

(Peut-être parce que je n’ai pas encore trouvé la perle rare.)

Néanmoins, j’avoue que l’idée de gérer des travaux, des impôts, des charges… ce n’est pas ma définition de la liberté.

Pour moi, la liberté, c’est entre autres la flexibilité.

C’est pouvoir partir.

Tester.

Changer.

Sans être lié à un bien.

Mais je sais que pour d’autres, c’est l’inverse.

Que la liberté, c’est justement d’avoir son « chez soi ».

Stable.

Sécurisé.

Et c’est ok.

Chacun sa définition de la liberté.

Un jour, peut-être, cela deviendra ma priorité.

Car j’aurai les moyens de déléguer les choses qui m’ennuient à d’autres.

Et de me concentrer uniquement sur le côté agréable de la chose.


Et toi, libertonaute ?

Es-tu propriétaire ou locataire ?

Te sens-tu libre ?

Ou est-ce que parfois, tu te sens coincé ?

Est-ce que tu rêves d’avoir ton « chez toi » ?

As-tu déjà regretté un choix ?

Acheté alors que tu aurais dû rester locataire ?

Ou l’inverse ?

Ton choix vient d’une réelle envie et d’un alignement ?

Ou est-ce une injonction ?

Je me dis qu’il n’y a pas de mauvais choix.

Juste des choix qui nous correspondent à un moment donné.

Et qu’on peut toujours changer d’avis.

Parce que la liberté, c’est aussi ça :

Ne pas être prisonnier de ses propres décisions.

Alors propriétaire ou locataire ?

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