Blessé ou être blessé ? Là n’est pas la question.
« Bah bravo t’as bien écrit!
Et ça va continuer apparemment…
Ça ressemble à une auto analyse égocentrée.
Ça te permettra peut-être de devenir très riche, mais ça te permet sûrement de mieux te connaître. »
Ce message, je l’ai reçu d’un proche que j’adore.
Et il m’a mise K.O.
J’étais au téléphone avec ma maman qui me parlait de son mariage quand je l’ai reçu.
Et d’un coup, je n’ai plus pu me concentrer sur ce qu’elle disait.
Mon cerveau tournait en boucle.
Est-ce de l’ironie ?
Du sarcasme ?
Ni l’un ni l’autre ?
Pense-t-il vraiment que j’ai bien écrit… ou « bien écrit » signifie-t-il simplement « beaucoup écrit » ?
Pourquoi ces trois petits points après « apparemment » ?
Est-ce mal que je continue d’écrire ?
Et surtout :
« Auto analyse égocentrée. »
Ces trois mots ont fait l’effet d’une bombe.
Quand le doute s’installe
Je suis allée sur Internet chercher la définition d’égocentré.
Puis je me suis dit : « Mince. Si je suis vraiment égocentrée, ce n’est pas du tout ce que je voulais faire. »
J’ai ressenti le besoin de me justifier.
De répondre immédiatement.
De demander des éclaircissements.
Alors j’ai répondu avec vulnérabilité… mais sans attendre que la vague émotionnelle se calme.
Erreur encore classique pour moi.
J’ai aussi demandé à d’autres personnes : « Est-ce que mon site est autocentré ? »
Comme si leur réponse pouvait effacer ce que cette personne avait dit.
Pourquoi ça m’a autant touchée
Si ça avait été un inconnu, ça m’aurait beaucoup moins affectée.
Je me serais dit : « Je ne peux pas plaire à tout le monde. »
Mais là, c’était quelqu’un à qui je tiens.
Quelqu’un dont l’opinion compte pour moi.
Et c’est précisément mon attachement à cette personne qui a fait que son message m’a mise K.O.
Pas le message lui-même.
Mon attachement.
Ce que ce message a révélé en moi
En prenant du recul, j’ai pu constater plusieurs choses.
1. Je n’avais même pas dit merci
Cette personne avait pris le temps de regarder mon site.
De me faire un retour.
Un retour honnête, même si brutal.
Et moi, qu’est-ce que j’avais fait ?
Je m’étais défendue.
Je m’étais justifiée.
Mais je n’avais pas dit : « Merci d’avoir pris le temps.«
2. J’avais partagé mon site dans la peur
Une amie m’a dit quelque chose d’intéressant :
« Peut-être que cette situation est arrivée à cause de la vibration de peur avec laquelle tu as partagé ton site.«
Ça m’a fait réfléchir.
Parce que c’est vrai : quand j’ai envoyé le lien à cette personne, j’avais peur.
- Peur qu’elle ne comprenne pas.
- Peur qu’elle me juge.
- Peur qu’elle trouve ça nul.
Et peut-être que cette peur s’est ressentie.
Peut-être que son message était aussi une réaction à ma propre insécurité.
3. J’ai besoin de validation
Si je suis honnête, ce message m’a blessée parce que j’attendais de la validation.
Je ne m’attendais pas forcément à : « C’est génial, continue.«
Mais j’espérais quelque chose comme : « Intéressant ton positionnement. Le design du site est pas mal non plus.«
Quelque chose qui me dise : « Ce que tu fais a de la valeur. »
Mais je ne l’ai pas ressenti comme cela.
Et ça m’a renvoyée à ma propre fragilité.
À mon besoin d’être approuvée.
À mon doute permanent : « Est-ce que ce que je fais a vraiment du sens ? »
La question de l’égocentrisme
« Auto analyse égocentrée. »
Cette expression m’a piquée.
Parce que je ne veux pas être égocentrée.
Je ne veux pas faire semblant d’aider les gens alors qu’en fait, je ne fais que parler de moi.
Je connais ces techniques de manipulation où on te fait croire qu’on te donne des infos, mais en fait, c’est juste pour mieux te vendre la suite.
Et je ne veux pas faire ça.
Enfin, pas sans transparence.
Oui, j’espère qu’un jour ce site me rapportera de l’argent.
Mais je ne veux pas me cacher derrière de la charité.
Je ne veux pas prétendre que je fais ça uniquement « pour les autres » alors que je le fais aussi pour moi.
Alors oui, j’écris à la première personne.
Oui, je parle de mes peurs, de mes doutes, de mes faiblesses.
Mais est-ce cela, l’égocentrisme ?
Moi, j’espérais plutôt que ce soit de la sincérité. Et de la transparence.
Écrire à la première personne : courage ou égocentrisme ?
Pendant longtemps, on m’a demandé d’être parfaite.
De ne pas montrer mes faiblesses.
De faire bonne figure.
Écrire à la première personne en parlant de mes peurs et de mes limites, ça me demande beaucoup de courage.
Parce que je sais que dans un monde où l’expertise est ce qui prime, montrer sa vulnérabilité peut être perçu comme une faiblesse.
Voire de l’égocentrisme, dans le cas ici présent.
Mais je préfère ça à une façade bien polie qui cache les doutes.
Parce que des façades, j’en ai vu.
J’ai vu le backstage de certaines formations, de certains créateurs de contenu.
Et souvent, derrière l’image d’expertise impeccable, il y a beaucoup de flou, de doute, d’improvisation.
Un peu comme en politique : on préfère un mensonge bien enrobé qu’une vérité qui dérange.
Ici, je choisis la vérité qui dérange.
Même si ce n’est pas confortable.
Même si ça me rend vulnérable.
C’est le chemin que je choisis pour explorer la liberté de façon incarnée.
Parce que je ne peux pas te parler de liberté depuis une position d’experte détachée.
Je préfère te parler depuis là où je suis : en chemin.
Ce que cette situation m’a appris sur la liberté
Cette histoire soulève plusieurs questions sur ma liberté.
1. La liberté de dire et de faire ce que je veux
Est-ce que j’ai le droit de créer ce site ?
Est-ce que j’ai le droit d’écrire sur mes réflexions, mes doutes, mes observations ?
Oui.
Mais ça ne veut pas dire que tout le monde va aimer.
Et ça ne veut pas dire que je ne vais pas être critiquée.
La liberté d’expression, c’est aussi accepter que les autres aient la liberté de réagir.
Même si, pour l’instant, je ne suis pas encore assez détachée pour que toute réaction me laisse indifférente.
2. La liberté grâce au détachement
Si j’avais été vraiment détachée de l’opinion de cette personne, son message ne m’aurait pas autant affectée.
Mais je ne le suis pas.
Et c’est là que je me rends compte que ma liberté est encore limitée par mon besoin d’approbation.
Je ne peux pas plaire à tout le monde.
Et surtout : je ne devrais pas essayer.
Parce que si j’essaie de plaire à tout le monde, je ne serai fidèle à personne.
Ni aux autres.
Ni à moi-même.
3. La liberté de ne pas être parfaite
On me demandait d’être parfaite.
Mais je ne le suis pas.
Et je ne veux plus faire semblant de l’être.
Alors oui, mes articles parlent de mes doutes.
Oui, je me remets en question.
Oui, je change d’avis.
Et j’utilise le « je » en parlant de mes exemples personnels.
Et c’est justement ça qui m’éviter de tricher, de me cacher derrière des termes génériques ou impersonnels.
En outre, c’est aussi cela qui me permet d’être libre.
- Libre de ne pas avoir toutes les réponses.
- Libre de chercher.
- Libre d’explorer.
Ce que je fais de ce message maintenant
Avec le recul, je me rends compte que ce message était un cadeau.
Pas un cadeau agréable.
Mais un cadeau quand même.
Parce qu’il m’a forcée à me poser des questions :
- Pourquoi est-ce que j’écris ?
- Pour qui est-ce que j’écris ?
- Est-ce que ce que je fais a de la valeur… même si tout le monde ne le voit pas ?
Et la réponse, je ne l’ai pas entièrement.
Mais on en trouve déjà des morceaux dès mon premier article.
J’écris parce que ça m’aide à réfléchir.
J’écris parce que ça m’aide à comprendre ce que je vis.
Et j’écris parce que peut-être que ça aidera quelqu’un d’autre à se poser les mêmes questions.
Mais je n’écris pas pour convaincre tout le monde.
Je n’écris pas pour être aimée de tous.
J’écris pour être fidèle à ma recherche de liberté.
Même si elle est imparfaite.
Même si elle dérange.
Et même si elle ne plaît pas à tout le monde.
Et toi, t’es-tu déjà senti blessé par quelqu’un que tu aimes ?
Peut-être que tu te reconnais dans ce que je décris.
Peut-être que toi aussi, tu as déjà reçu un message qui t’a mis K.O.
Et peut-être que toi aussi, tu t’es demandé si ce que tu faisais avait du sens.
Si c’est le cas, je t’invite à te poser cette question :
Est-ce que ta réaction vient du message lui-même… ou de ton attachement à la personne qui l’a envoyé ?
Parce que parfois, ce qui nous blesse, ce n’est pas ce qu’on nous dit.
C’est qui nous le dit.
Et comprendre ça, c’est déjà un pas vers plus de liberté.
Et si, tu commençais à observer ce qui te blesse vraiment ?
Au delà de l’émotion.
Pour observer en tant que libertonaute en herbe, ces axes qui te permettraient d’avancer sur ta liberté.