Le livret A te fait perdre de l’argent !

Liberté holistique - Le livret A te fait perdre de l’argent
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Le livret A te fait perdre de l’argent !

Ou làlà, le titre « p*te à clics », du moins, c’est ce que pourrais croire.

Eh bien malheureusement, cela n’en est pas un. Et c’est ça qui est le « plus terrible » ou ennuyeux ou tout autre mot à ta convenance. Je ne veux pas être dans l’abus mais quand même.

Comme « tout bon français », cela fait des années que j’ai un livret A.

Il me permet évidemment de placer mon argent (et je le croyais) de gagner de l’argent grâce aux intérêts. J’avais cette sensation rassurante de « mettre de côté ».

Je ne le questionnais pas trop. J’avais confiance.

Sauf qu’un jour j’ai décidé de m’intéresser à la finance et de comprendre un peu mieux le fonctionnement de tout ça.

Et c’est là que j’ai découvert le pot aux roses.

Je ne gagnais pas forcément de l’argent. Et pire j’en perdais.

Et ça depuis des années.
L’argent que j’avais durement gagné et épargné.

Donc comme j’aime bien partager ce qui me parait essentiel de connaitre surtout pour gagner en liberté. Je te laisse avec un peu de lecture.

Le livret A, une histoire vieille de deux siècles

Si tu ne le savais pas, le livret A ne date pas d’hier. Il a été créé en 1818, sous Louis XVIII — la France sortait des guerres napoléoniennes, le pays était endetté, l’économie fragile.

L’idée était simple : inciter les Français à épargner, et utiliser cette épargne pour financer l’économie et stabiliser le pays.

Un produit populaire, sûr et garanti par l’État.

Petite anecdote : à l’origine il était uniquement distribué par les Caisses d’Épargne !

La banque au petit écureuil.

Mais il a progressivement été ouvert à d’autres acteurs — la Banque Postale, le Crédit Mutuel avec son « livret bleu » — et c’est seulement en 2009, qu’une grande réforme l’ouvre à toutes les banques françaises.

Aujourd’hui, soit deux siècles plus tard, il y a 58 millions de livrets A en France. C’est l’un des produits d’épargne les plus massifs d’Europe, avec un encours de plusieurs centaines de milliards d’euros.

Et pourtant, je suis quasi sûre que je ne suis pas la seule à avoir méconnu aussi longtemps son fonctionnement. Donc je te le partage au cas où (pour toi ou tes proches).

Donc, où va vraiment l’argent que tu as placé sur ton livret A ?

T’es-tu déjà posé la question ?

Moi, honnêtement, pas plus que ça. Je déposais, les intérêts tombaient, et je passais à autre chose.

Mais sais-tu que lorsque tu déposes de l’argent sur ton livret A, cet argent ne reste pas là à t’attendre sagement. Il n’est pas bloqué, immobile dans l’espoir que tu l’utilises un jour.

Il travaille.

Déjà, il faut savoir qu’il est redirigé vers deux endroits.

Le premier endroit : la Caisse des Dépôts et Consignations.

Si tu ne connais pas, je comprends. Donc je te la fais brève.

Il s’agit d’une institution publique française.

Environ 65 % de l’argent des livrets réglementés y est centralisé.

Cet argent sert à financer le logement social, la rénovation urbaine, certaines infrastructures publiques.

Emmanuel Macron a récemment annoncé vouloir l’utiliser aussi pour financer le nucléaire en France.

Jusqu’ici, rien de choquant (sauf la dernière phrase, évidemment, si tu n’es pas trop nucléaire).

Ces 65% sont finalement au service de « l’intérêt général ». L’utilité d’origine du livret.

En revanche, sais-tu où vont les 35% restants ?

Le deuxième endroit : ta banque.

Eh oui, ce bon tiers reste, certes, dans ta banque mais ta banque ne le laisse pas au repos. Loin de là. Généralement elle place ton argent auprès de la Banque Centrale Européenne, qui le rémunère à 2 % par an.

Pourtant, pendant ce temps, elle te reverse 1,5 %.

Il y a donc un écart de 0,5 % !

Son petit nom – à cet écart – le spread.

C’est un des mécanismes de base par lequel une banque gagne de l’argent : elle emprunte moins cher qu’elle ne place. Je ferai évidement la même chose maintenant que je suis avertie ^^

Mais ces 35% ce n’est pas seulement quelques milliers d’euros.

En effet, l’encours total du livret A, c’est environ 432 milliards d’euros.

Donc 35 % pour les banques représentent = 151 milliards d’euros.

Et 0,5 % sur 151 milliards = 755 millions d’euros par an qui vont dans les poches des banques.

Pas dans les tiennes, ni les miennes :’(.

Tu vois le problème ou pas ?

Le livret A a été créé pour protéger les petits épargnants et financer des projets collectifs.

Aujourd’hui, il alimente aussi les marges de banques qui génèrent déjà des revenus importants via d’autres activités notamment les frais bancaires, crédits immobiliers et commissions.

Donc dans un monde où l’inflation ne cesse d’augmenter, pourquoi ne pas nous reverser cette part ?

Le taux du livret A n’est pas fixé par le marché. C’est une décision politique.

Et depuis des années, cette décision ne penche pas vraiment du côté de l’épargnant.

Et je t’avais dit que tu perdais de l’argent. Et c’est vrai.

Pourquoi ?

La perte d’argent grâce au livret A.

Là tu te dis peut-être, : « mais Apolline, tu ne m’as pas montré que je perdais de l’argent. Ok la banque se fait des sous sur notre dos mais on gagne quand même 1,5% par an. Ce n’est pas zéro ! »

Et je te réponds (pour te faire réagir) : « mais Magalie (ou ton prénom si tu te sens concerné.e), c’est bien pire que zéro. Laisse-moi te montrer ».

Je suppose, que comme moi, tu pouvais te dire que intérêts positifs = de l’argent qui travaille pour moi. Si le taux est à 1,5 %, mon argent rapporte. Logique non ?

Eh bien non.

Pas si l’inflation est à 3 % cette même année.

Et là tu commences peut-être à voir où je veux en venir.

Sinon voici un petit exemple pour comprendre l’inflation :

Tu viens de passer les fêtes de fin d’année et hop un petit billet de 100 € sur ton livret A pour le 1er janvier car tu décides que ta bonne résolution de l’année, c’est de construire ton patrimoine.

En plus 100€ c’est important car tu sais qu’il te permet d’acheter un plein de courses. Donc si vraiment, en cas de galère, tu sais que tu as ce joker qui te permet de t’acheter les aliments que tu aimes.

L’année suivante, avant même de rajouter de nouveau les 100€ que tu as reçu à noël, tu es heureux/se de voir qu’il n’y a plus 100€ sur ton livret A mais 101,5€ !

Quelle aubaine ! Tes sous ont augmentés sans que tu n’aies rien eu à faire.

Mais là tu vas faire tes courses et tu te rends compte que ton panier d’aliments favoris vaut maintenant 103 € et plus 100 comme l’année passée. Donc si tu n’ajoutes pas tes sous de Noël de cette année pour compléter, tu es obligé de modifier ton panier de courses.

Pourtant ce sont toujours les mêmes aliments.

Alors certes ton solde sur ton livret A a augmenté. Mais ton pouvoir d’achat, lui, a diminué.

Est-ce que tu comprends ?

C’est ça le rendement réel : le taux d’intérêt moins l’inflation.

Et c’est le seul chiffre qui compte vraiment.

(Au passage pense à demander une augmentation de 3% par an minimum de tes étrennes et de renégocier ton salaire d’au moins ce montant pour palier à l’inflation).

L’évolution de l’inflation

Donc entre 2015 et 2025, le livret A net d’inflation a rapporté en moyenne -0,45 % par an.

La pire année a été 2022 : inflation à 5,20 %, livret A à 1,38 % en moyenne sur l’année.

Résultat réel : -3,82 %.

Et si on remonte encore plus loin — depuis 1900, net d’inflation, le livret A a rapporté en moyenne -3,9 % par an.

Voilà, tu perds des sous, je perds des sous. Nous (sauf la banque) perdons des sous.

Sur le long terme, historiquement, le livret A « fait perdre de l’argent » à ses détenteurs.

Donc moi qui pensais que le fait de remplir ce livret A allait m’apporter la liberté, eh ben non, en tout cas pas en m’enrichissant.

En outre, j’ai pu lire que l’inflation officielle est probablement sous-estimée.

Puisque pour la calculer, l’INSEE utilise un « panier de biens représentatif ».

Et ce panier inclut l’alimentation, l’énergie, les transports, les loisirs mais pas l’immobilier.

En effet l’immobilier n’est pas considéré comme une dépense de consommation — mais un investissement.

Résultat : le logement ne pèse que 7 % dans ce panier.

Alors que pour beaucoup d’entre nous, c’est la première dépense du mois et de loin.

Conséquence : l’inflation officielle peut sembler modérée pendant que toi tu as bien le sentiment que tout devient plus cher. Et le taux du livret A, même quand il essaie de suivre cette inflation, reste largement insuffisant dans la réalité vécue.

Quid du LDDS

Au passage, as-tu un LDDS ?

Tu sais, le Livret de Développement Durable et Solidaire.

Il fonctionne exactement comme le livret A. Même taux, même mécanique, même répartition entre la Caisse des Dépôts et les banques.

Mais en plus il a une promesse dans son nom. « Durable ». « Solidaire ».

Ce livret est censé financer la transition écologique, des projets responsables, une économie plus vertueuse.

Mais voilà ce que j’ai appris : comme une partie de cet argent reste dans les banques et se mélange à leur bilan global, elles peuvent l’utiliser selon leur propre politique de financement.

Et certaines banques — on le sait — continuent de financer des projets liés aux énergies fossiles.

Autrement dit, une partie de ton épargne sur le LDDS peut financer des activités en contradiction complète avec l’intitulé du produit.

Tu pensais placer ton argent de manière responsable.

En réalité, tu ne sais pas exactement où il va.

Ce n’est pas un détail.

Donc si tu veux donner du sens à ton épargne, le nom du produit ne suffit pas.

Il faut regarder où va réellement l’argent.

Au passage : si on additionne l’encours du livret A et celui du LDDS, on arrive à environ 600 milliards d’euros d’épargne française.

Avec le même calcul — 35 % dans les banques, 0,5 % d’écart de taux — les banques gagnent plus d’un milliard d’euros par an grâce à ces deux livrets réunis.

Un milliard. Par an. Grâce à l’épargne populaire.

Alors, faut-il vider son livret A ?

Oui, Non.

Comme d’habitude, ça dépend de ta situation, de tes besoins.

Le livret A reste quand même l’une des meilleures options pour l’épargne de précaution : ce pour quoi il est vraiment fait.

Trois raisons concrètes : ton argent est garanti par l’État, tu peux le retirer à tout moment sans pénalité, et les intérêts sont totalement exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux.

Pour les imprévus — une panne de voiture, une perte de revenus, une dépense urgente — c’est parfait.

L’épargne de précaution sur le livret A

On entend parler de garder entre 3 et 6 mois de dépenses dessus.

Mais c’est une règle générale — quelqu’un avec des revenus irréguliers ou des charges importantes aura besoin d’un matelas plus épais qu’un salarié en CDI sans enfants.

Une autre façon de faire c’est de récupérer tes relevés de comptes des 12 derniers mois. Prends les 3 mois où tu as le plus dépensé et fais-en la somme. C’est ton épargne de précaution.

Liste également le montant total des dépenses annuelles et divise le tout par 4. C’est ton épargne disponible.

Maintenant tu fais la somme des 2 et tu obtiens la valeur moyenne d’épargne nécessaire que tu es libre d’augmenter si besoin.

Donner un rôle à son argent

Donc le problème c’est surtout d’en laisser plus que de raison et cela pendant des années. En pensant que cet argent travaille.

Ce que je commence à comprendre, c’est qu’il faut penser chaque euro avec un rôle précis.

L’épargne de sécurité protège.

L’investissement long terme construit.

Si tu mélanges les deux sur le même livret, aucun des deux ne fait bien son travail.

Et l’argent qui dort au-delà de ton matelas de sécurité, il ne te libère pas — il attend, immobile, pendant que l’inflation grignote ce qu’il représente.

C’est exactement ce dont je parlais dans l’article sur les intérêts composés : la vraie différence ne se fait pas sur combien tu gagnes, mais sur combien de temps ton argent travaille — et à quel taux. Un euro placé à 8 % pendant 30 ans ne ressemble plus du tout à un euro placé à 1,5 % pendant 30 ans.

Ce que ça change pour moi

J’ai eu une sensation un peu inconfortable en apprenant tout ça. De la frustration et le sentiment d’être passée à côté de quelque chose pendant des années.
J’avais un livret A qui se remplissait malgré mes difficultés et j’étais heureuse d’épargner.

Et j’aurai continué encore longtemps me faisant perdre au fur et à mesure des années du pouvoir d’achat.

Cela fait partie, entre autre, des raisons pour lesquelles je me forme. Pas pour être reconnue experte mondiale sur le sujet ni pour toujours tout optimiser à la perfection (quoi que).

Mais à minima pour gagner en autonomie et en liberté.

Parce que l’argent qui dort sur un livret A au-delà du nécessaire, ce n’est pas de l’argent qui me libère. C’est le fruit de mon labeur qui part chaque jour en fumée.

Au lieu de le capitaliser, de l’optimiser et de le faire travailler pour moi, il stagne me faisant perdre chaque jour un peu plus de pouvoir d’achat.
Je me prive (en épargnant) pour perdre de l’argent (bon cette phrase c’est un peu de l’abus mais j’espère que maintenant tu comprends l’idée).

Donc ma liberté financière ce n’est pas seulement épargner mais comment optimiser mon épargne.


Et toi Libertonaute — est-ce que tu savais ce que ton livret A te rapportait vraiment, une fois l’inflation déduite ?

Que fais tu avec ton argent pour te sentir plus libre ?

Et enfin que penses-tu de cette affirmation : « Le livret A n’est pas là pour te faire gagner de l’argent. Il est là pour t’éviter d’en manquer quand tu en as vraiment besoin. » ?

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