Jusqu’à cette semaine, je n’avais jamais entendu parler des droits assertifs avant de tomber sur ce concept dans un livre.
Et ça a fait partie des « révélations » que je peux avoir ^^.
Cela m’ouvrait une nouvelle voie vers la liberté !
Parce que même aujourd’hui, passé 30 ans, il y a encore des moments où je ne me sens pas totalement légitime.
- Pas légitime à dire non.
- Pas légitime à demander ce que je veux.
- Pas légitime à me tromper.
- Pas légitime à décevoir.
Je n’ai pas grandi dans un environnement où ces droits étaient évidents. Il y avait plutôt des règles implicites : ne pas déranger, faire plaisir, être « sage », éviter les conflits, être à la hauteur.
Bref, tout un tas de petites choses qui, mises bout à bout, finissent par t’éloigner doucement de toi-même.
Découvrir les droits assertifs, ça m’a permis de découvrir un nouveau cadre, beaucoup plus sain et aligné avec ce que je ressentais.
Un cadre pour comprendre et me repositionner. Un cadre pour, petit à petit, oser me respecter davantage.
Et donc… me sentir plus libre.
Les droits assertifs, c’est quoi exactement ?
Les droits assertifs, ce sont des droits psychologiques fondamentaux. Pas des lois, pas des obligations et il n’y a aucune question de mérite ou de condition dedans.
Ces droits partent d’une idée simple : tu as le droit d’exister en tant qu’individu à part entière.
Avec tes pensées, tes émotions. Mais aussi tes besoins et tes limites.
Et surtout : sans avoir à te justifier en permanence.
Et si tu fais partie de ma génération (90), tu n’as certainement pas grandi dans un environnement assertif. Au contraire peut-être. J’ai plutôt appris à m’adapter que de me respecter.
Et s’adapter, c’est utile. Mais quand ça devient automatique, ça peut aussi te faire disparaître.
D’où viennent les droits assertifs ?
Ce concept a été formalisé dans les années 1940 par un psychologue américain, Andrew Salter — l’un des fondateurs des thérapies comportementales. L’idée de base : tu as le droit de t’affirmer sans écraser les autres.
Puis dans les années 70, Manuel J. Smith a publié When I Say No, I Feel Guilty — un bestseller n°1 aux États-Unis qui a popularisé une vraie « charte » des droits assertifs. Dix droits fondamentaux. Le plus important selon lui : le droit d’être ton propre juge.
Liste des droits proposés par Manuel J. Smith
1. Tu as le droit de juger toi-même
tes comportements, pensées et émotions,
et d’en assumer les conséquences.
2. Tu as le droit de ne pas te justifier
ni donner d’excuses pour ton comportement.
3. Tu as le droit de décider
si tu es responsable — ou non — de résoudre les problèmes des autres.
4. Tu as le droit de changer d’avis.
5. Tu as le droit de faire des erreurs
et d’en assumer la responsabilité.
6. Tu as le droit de dire :
“Je ne sais pas.”
7. Tu as le droit d’exister
sans dépendre de l’approbation des autres.
8. Tu as le droit d’être illogique
dans tes décisions.
9. Tu as le droit de dire :
“Je ne comprends pas.”
10. Tu as le droit de dire :
“Ça ne m’intéresse pas” ou “Je m’en fiche.”
Depuis, des dizaines de versions ont circulé — en anglais, en français, dans les formations, dans les cabinets de psy, dans les livres de développement personnel.
Dans cet article, je te présente ceux que j’ai pu glaner au fil de mes recherches.
Des droits légitimes dont je n’avais pas connaissance
Cette liste de droits m’a fait de réaliser qu’une partie des souffrances que je vivais au quotidien venaient du fait que n’ayant pas connaissance de ces droits, je ne les utilisais pas vraiment.
Ou alors de manière très partielle.
Par exemple :
Le droit de poser des questions → ok, mais seulement si elles sont intelligentes et que ça ne dérange personne.
Le droit de prendre du temps pour réfléchir → possible, mais avec auto-jugement immédiat.
Prendre soin de moi en premier → oui, mais avec culpabilité.
Changer d’avis → compliqué, parce que « il faut être cohérent ».
Parents, attention
En fait, comme souvent, beaucoup de mes comportements actuels sont guidés par le cadre que j’ai pu avoir enfant.
Parents et futurs parents, prêtez-y attention. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour eux car crois-moi, tu ne veux pas qu’ils deviennent aussi handicapés que moi, de la vie.
Certes, je ne suis pas une personne méchante ou stupide mais à plus de 30 ans, je ne vis pas pleinement mon êtreté et je ressens régulièrement du mal-être.
Alors stop à ces phrases toxiques.
« Dire non, c’est être égoïste. » « Si je déçois, je risque de perdre le lien. » « Si je me trompe, ça dit quelque chose de ma valeur. » « Je dois être sûre de moi pour être légitime. »
Comportements inconscents
Après, comme souvent, nos comportements ne sont pas toujours conscients puisqu’ils sont tellement incrustés que ce sont des habitudes bien intégrées. Comme la marche, la lecture ou la conduite.
On ne les questionne plus. Comme je ne questionnais plus que l’argent que j’avais, il fallait le mettre sur le Livret A puisque depuis petite c’était ce que l’on me disait de faire. Et puis j’ai réalisé que ça ne m’aidait pas autant que je le croyais. Et que clairement c’était un comportement à changer.
Mais avant qu’une vidéo m’ouvre les yeux dessus (même si je le ressentais), je restais aussi dans mon schéma.
La liste des droits assertifs
Je te partage ici la liste complète — avec un peu de contexte
(tu trouveras plus bas une version « imagée » si tu préfères).
Les droits fondamentaux sur soi-même
1. Le droit d’être traité.e avec respect.
Ça paraît évident dit comme ça. Mais dans la réalité, combien de fois est-ce qu’on tolère des comportements limites parce qu’on minimise ?
Le respect, ce n’est pas quelque chose que tu gagnes en étant parfait. C’est la base.
Après on a je pense chacun notre vision du respect. D’ailleurs, je me demande s’il existe une définition précise du respect.
2. Le droit d’avoir des opinions, des idées, des convictions.
Tu as le droit d’avoir tes opinions. Bon, pour ma part je préciserai quand même : tant qu’elles respectent les autres.
3. Le droit d’avoir des émotions et de les exprimer.
« Ne sois pas trop », « calme-toi », « c’est rien ». Tu as certainement aussi entendu ces phrases pourtant tes émotions sont des informations. Pas des problèmes. Les fuir n’arrange rien. Au contraire.
4. Le droit d’avoir des besoins.
Beaucoup de gens confondent besoin et dépendance. Avoir besoin de repos, d’attention, de soutien, ce n’est pas être faible. C’est juste ok. A un moment c’est important d’écouter ces besoins sinon notre corps ne tiendra pas sur la durée.
5. Le droit d’exister tel.le que tu es.
Alors là j’avoue que celui-ci n’est pas évident pour moi. J’ai plutôt grandi avec le fait que si tu n’aidais pas les gens ou ne correspondait pas à leurs critères, tu n’étais pas aimable. Tu ne servais à rien. Et de fait « pourquoi tu existes ? ».
Pourtant on n’a pas besoin de devoir correspondre à une version idéale ou lisser tout ce qui dépasse. Sois qui tu es.
Les droits dans la relation à l’autre
6. Le droit de dire non.
Sans explication interminable. Sans culpabilité automatique. Dire non, ce n’est pas rejeter l’autre. C’est te respecter.
7. Le droit de ne pas justifier ses décisions.
Tu peux expliquer. Mais tu n’as pas à te défendre en permanence comme si tu étais en faute.
8. Le droit de changer d’avis.
Ca aussi ce droit ne m’était pas évident. Je voyais que j’étais changeante souvent selon mon cycle. Et j’ai eu du mal à accepter cela non pas seulement vis-à-vis de moi, mais vis-à-vis de ce que les autres me renvoyait. Pourtant, tu évolues. Tes choix aussi. Rester bloqué.e dans une décision pour « rester cohérent.e », c’est souvent une prison et un contresens. Tout ce qui ne bouge plus est mort. Aujourd’hui même vis-à-vis des formations que je suis ou juste de mon parcours je me pose des questions : est-ce que je continue ou non ? — s’autoriser à reconsidérer, c’est déjà un acte de liberté.
9. Le droit d’exprimer son désaccord.
Encore un droit pas aussi évident que ce que je souhaiterai ^^. Je semble souvent remettre les choses en question et donc a minima paraitre en désaccord. Et comme cela n’était pas possible dans mon ancien environnement, je ne savais pas (et aujourd’hui j’ai encore beaucoup de mal à) exprimer mon désaccord. Et surtout je ne me sentais pas légitime de le faire. Je pensais tout le temps au fait que je dérangerai en présentant ma vision et mon ressenti qui en plus étaient subjectifs.
Mais ce droit là nous rappelle qu’être en désaccord, ce n’est pas attaquer. C’est exister dans la relation.
10. Le droit de ne pas savoir.
Tu as le droit de dire « je ne sais pas » ou de ne pas comprendre. Tu peux apprendre sans faire semblant. Encore une chose que j’ai mis du temps à faire. Je devais être parfaite. Et si je ne savais pas, je ne devais pas le montrer et trouver toutes les solutions pour combler mes lacunes. Eventuellement, je m’éclipsais juste d’une conversation au lieu de poser des questions. Car pour moi, je devais savoir.
11. Le droit de demander ce dont on a besoin.
Et accepter que l’autre puisse dire non. Parce que ses droits existent aussi.
y a peut-être 2 droits ici. De la même manière j’ai parfois été dans des relations où lorsque j’exprimais mes besoins on me traitait de princesse ou que j’étais difficile ou exigeante.
Et accepter que l’autre dise non (on y reviendra), j’avais beaucoup de mal. Car lorsque j’avais enfin le courage de demander quelque chose recevoir un « non » était vraiment violent pour moi. J’avais vraiment l’impression que je ne valais rien.
12. Le droit de poser des questions.
Surtout quand ça te concerne directement. Comprendre, ce n’est pas déranger. Ca revient un peu à ce que je disais sur le droit de ne pas savoir.
Les droits face à la pression et aux erreurs
13. Le droit de faire des erreurs.
Sans te définir uniquement à travers elles. Une erreur, c’est un événement. Pas une identité.
14. Le droit de ne pas être parfait et de ne pas plaire à tout le monde.
La perfection est souvent un moyen de contrôle… et d’auto-pression.
15. Le droit de décevoir.
Celui-là est difficile. Parce qu’il touche directement à la peur du rejet. Mais tu ne peux pas être fidèle à toi-même sans, parfois, décevoir quelqu’un.
16. Le droit de ne pas prendre en charge les émotions des autres.
Tu peux être empathique… sans être responsable. Ce que l’autre ressent lui appartient.
17. Le droit de ne pas répondre à une question.
Ton intimité t’appartient. Tu peux choisir ce que tu partages.
Les droits sur ta propre vie
18. Le droit de fixer ses propres priorités.
Pas celles de ta famille ou de la société. Les tiennes. C’est au fond ce que j’explore sur ce site internet — que ce soit sur le temps, l’argent ou le bien-être — la liberté commence par savoir ce qui compte pour toi.
19. Le droit de prendre du temps pour réfléchir.
Tu n’es pas obligé de répondre dans l’urgence. Le temps est un droit, pas un luxe. Et si comme moi tu as une autorité émotionnelle, c’est d’autant plus important.
20. Le droit de définir ses propres valeurs.
Ce qui compte pour toi n’a pas besoin d’être validé.
21. Le droit de quitter une situation qui ne te convient pas.
Même si c’est inconfortable ou que ça déçoit. C’est aussi ce que j’ai questionné en me demandant si le salariat ou l’entrepreneuriat me rendait vraiment libre.
22. Le droit de prendre soin de soi en premier.
Et non, ce n’est pas de l’égoïsme. C’est une base.
Le vrai problème : ces croyances qu’on a intégrées
Ce qui bloque l’accès à ces droits, ce n’est pas un manque d’intelligence ou de volonté.
C’est l’apprentissage.
On a souvent intégré des équivalences inconscientes :
Dire non = être méchant.
Avoir des émotions = être excessif.
Faire une erreur = être nul.
Changer d’avis = être instable.
Ne pas se justifier = être suspect.
Décevoir = perdre l’amour.
Avoir des besoins = être un poids.
Et tant que nous n’avons pas de repères se débarrasser de ces croyances n’est pas évident.
Cela fait seulement quelques jours que j’ai entendu parler de ces droits. Donc il n’y a pas d’effet spectaculaire.
Cependant, avoir cette base sur laquelle me référer me rend plus sereine. Parfois lorsque mes schémas tentent de ressortir et que je me sens frustrée, je me réfère à cette liste. Et si le droit est présent, je n’ai plus peur de l’exercer.
L’autre dans tout ça : la réciprocité
Il y a un aspect essentiel dans les droits assertifs : ils sont réciproques.
Ça veut dire que si tu as le droit de dire non → l’autre aussi.
Si tu as le droit d’exprimer un désaccord → l’autre aussi.
Si tu as le droit de poser une limite → l’autre aussi.
Autrement, il a un risque de tomber dans un faux équilibre où on revendique ses droits… sans accepter ceux des autres.
Or, l’assertivité, ce n’est pas dominer.
C’est créer une relation entre deux personnes qui existent.
Pas entre une personne qui s’adapte et une autre qui décide.
Donc clairement, je dois aussi faire attention à ce point.
Si tu veux commencer quelque part
Tu n’as pas besoin d’appliquer les 22 droits d’un coup.
Tu peux commencer par observer :
Dans quelle situation j’ai du mal à dire non ? Qu’est-ce que je crois qu’il va se passer si je le fais ? Quel droit assertif est en jeu ici ?
Souvent, juste mettre un mot dessus change déjà la dynamique.
En résumé
Les droits assertifs sont un cadre pour te rappeler que tu as le droit d’exister pleinement, d’avoir des limites, de ne pas être parfait, d’être toi.
Et peut-être que, comme moi, tu ne les as pas appris au bon moment.
Mais la bonne nouvelle, c’est que tu peux les découvrir maintenant.
Et ça peut vraiment changer ta manière de vivre… de l’intérieur.
Et toi, Libertonaute — est-ce que tu connaissais les droits assertifs ? Est-ce qu’il y a un droit dans cette liste qui t’interpelle particulièrement ?
Les droits assertifs illustrés
Liberteholistique.fr· Les droits assertifs
Des droits
au service de ma liberté
22 droits du simple fait que j’existe
Ces messages s’impriment profondément. Et ils deviennent des murs invisibles entre toi et ta liberté d’être.
Ce sont tes droits assertifs.
Personne ne te les donne. Personne ne peut te les enlever.
Chapitre 01
Les droits
sur toi-même
Le respect n’est pas un privilège à mériter. C’est un minimum dû à tout être humain — quelles que soient tes erreurs, ta différence, ton statut.
que A…
pense B !
Avoir ses propres opinions
Tes pensées t’appartiennent. Tu peux penser différemment de ta famille, de ton partenaire, de la majorité — sans avoir à te justifier pour les avoir.
Ressentir et exprimer ses émotions
Tu n’as pas à minimiser, t’excuser ou cacher ce que tu ressens pour ne pas déranger.
Avoir des besoins
Avoir des besoins n’est ni égoïste ni une faiblesse. C’est humain.
Exister tel·le
que tu es
Imparfait·e, complexe, changeant·e. Sans te conformer à l’idéal des autres.
Chapitre 02
Les droits
dans la relation
NON
Sans explication. Sans culpabilité. Sans négociation.
Refuser n’est pas être mauvais·e.Ne pas te justifier
Tu peux expliquer si tu le souhaites. Mais tu n’as pas l’obligation de te justifier pour chaque choix de ta propre vie.
Changer d’avis
Les personnes évoluent. Changer d’avis n’est pas une faiblesse — c’est une capacité d’adaptation.
Exprimer son désaccord
Ce n’est pas une agression, ni une trahison. Un désaccord exprimé avec respect est une forme de considération pour soi et pour l’autre.
Ne pas savoir
« Je ne sais pas » est une phrase complète.
Demander
Demander de l’aide n’est pas une charge.
Poser des questions
Comprendre ce qu’on te demande est légitime.
Chapitre 03
Face à la pression
et aux erreurs
Faire des erreurs
Et en être responsable sans se détruire. C’est ok de se tromper, ça ne change en rien « ta valeur ».
Ne pas être parfait·e
« Être » est suffisant. Tu es digne d’amour.
Décevoir
Tu ne peux pas — et n’as pas à — satisfaire tout le monde.
Ne pas gérer les émotions des autres
Tu peux être empathique sans être responsable de ce que l’autre ressent.
Ne pas répondre à tout
Tu as le droit au silence.
Chapitre 04
Les droits
sur ta vie
Fixer ses priorités
Ce qui compte pour toi n’a pas à être validé par les autres.
Prendre son temps
« J’ai besoin d’y réfléchir » est une réponse valide.
Définir ses valeurs
Ce qui est juste pour toi, tu peux le décider toi-même.
Quitter ce qui ne te convient pas
Relation, travail, situation. Tu n’as pas à rester parce que « c’est comme ça ».
Prendre soin de soi en premier
C’est une condition pour être disponible aux autres — pas une trahison envers eux.
Chapitre 05
Les croyances qui
bloquent ces droits
Dans certains environnements, les droits sont remplacés par des croyances opposées. On ne nous les enlève pas — on nous apprend qu’ils n’existent pas.
Assertivité & Thérapie Cognitive
Chapitre 06
Ces droits sont
réciproques
Deux sujets. Pas un sujet et un objet.
La réciprocité des droits assertifs est ce qui permet une vraie relation — entre deux personnes entières.
Récapitulatif
Tes 22 droits
Ces droits ne sont pas à mériter.
Ils t’appartiennent déjà.
Aucune éducation, aucune relation, aucune voix intérieure ne doit t’en dépouiller définitivement. Reviens y dès que tu as un doute.
Avec tout mon Amour Apolline