Ça fait plusieurs mois que je n’ai pas pris le temps d’écrire ici. Pourtant, ce n’est pas la matière qui manque — au contraire, j’en ai eu tellement au cours de ce premier semestre que je n’arrivais pas à savoir par où commencer.
Donc pour me faciliter un peu les choses, je vais juste faire un bilan de ce premier semestre. Il se peut que j’oublie des choses. Mais l’idée sera de voir ce qui, sur cette période, m’a fait gagner en liberté ? Qu’est-ce qui, au contraire, m’en a pris ?
Je remonte un peu avant le début officiel de l’année.
Novembre 2025 : la fin de mon juju
C’est un passage assez délicat alors je ne rentrerai pas dans les détails. Mon juju qui était un bouledogue français. Il a passé une partie de sa vie, handicapé. Il est décédé en novembre à ses 11 ans et demi tout pile. Sachant que les derniers mois je m’en occupais 6h par jour. J’étais épuisée. Une part de moi pensait, honteusement, que lors de son décès ça allait me libérer du temps, de l’énergie, de l’espace mental. La réalité a été toute autre. Ce n’est, dans un premier temps, pas plus de liberté que j’ai gagné mais plus de vide. Un temps où le chagrin se faisait une joie de se glisser. Cela a eu un impact sur ma santé. Puis pour combler le vide, je me suis encore plus consacrée à d’autres. Et les fêtes de fin d’année ont vraiment été moyennes.
Je n’ai finalement pas totalement vécu ce gain de temps comme plus de liberté. Car en fuyant le vide de son absence, je me suis enlisée ailleurs.
Janvier : chercher du travail, se donner sans retour
Juju ayant pris beaucoup de mon temps m’empêchait sur la fin d’avoir une activité salariée. Donc objectif de janvier, trouver du travail. Je peux te dire que c’était difficile pour moi car un travail salarié était loin de rimer avec liberté.
Ne trouvant rien dans le coin, j’ai postulé jusqu’à des postes de caissière. Je n’ai presque jamais été rappelée, sauf par la Fnac — qui ne m’a finalement pas prise.
En parallèle, j’ai aidé bénévolement une personne sur des questions de droit, sur le moment ça ne m’a pas déplu. Je m’y suis investie bien plus que ce que la situation ne demandait. Après plusieurs semaines de travail, mes conseils n’ont pas été suivis. J’ai vu la personne se faire avoir et cela m’a vraiment touchée. Et je me suis aussi rappelée pourquoi j’avais arrêté le droit : le droit n’est pas la justice.
J’avoue avoir regretté d’avoir donné de mon temps à une personne qui a finalement, pensant se simplifier la vie, préférer renoncer. Spoiler Alert : ce renoncement ne lui a pas facilité la vie, au contraire.
L’argent, le blog, et l’aventure Predictis
J’ai voulu comprendre l’argent plus en profondeur donc je me suis inscrite à une formation en ligne et je souhaitais également, naïvement, vivre du blogging — qui n’a pas fonctionné comme je l’espérais.
En parallèle, en approfondissant toujours plus le sujet de l’argent, j’ai rencontré une personne de Predictis et que je me suis lancée dans une formation de conseiller en gestion de patrimoine, en vue d’un mandat en tant qu’indépendante.
J’ai très bien validé la formation mais cette aventure a été éprouvante. J’y ai fait passer ma santé après l’objectif à atteindre, sans réussir à lâcher assez tôt — plus je forçais, plus je m’épuisais.
J’ai pris plus de vingt trains pour mes aller-retours, et plus de 75 % d’entre eux ont posé problème, d’ailleurs je ne félicite pas la sncf, car je n’ai pas eu de dédommagement alors que j’en ai eu plusieurs qui avaient plus d’une heure de retard, dont un 5h et un autre où après une heure d’attente, il y a eu une première suppression, puis on nous a fait changer de train et on a eu une deuxième suppression puis une 3ème puis des retards. J’ai dû demander à des personnes de venir me chercher.
Enfin bref, c’est un chapitre que je n’ai pas encore fini de digérer, donc je ne vais pas en dire davantage ici. Mais clairement, moi qui espérais gagner en liberté, ça a été tout le contraire avec l’énergie que j’ai fourni et qui m’a totalement vidée.
Vider le box, et se heurter à 25 000 €
Juste avant tout ça, j’ai vidé mon box de stockage. Je me suis rendu compte que je continuais à trimballer environ 25 000 € d’affaires que je n’utilise pas — vêtements, chaussures, matériel de DIY notamment — sans arriver à m’en séparer, de peur de « gâcher » cet argent déjà dépensé. Sauf que ce que ça me coûte réellement, aujourd’hui, ce n’est pas l’argent : c’est mon espace mental.
C’est un frein à la liberté à retardement — une décision passée qui continue de peser sur mon présent, simplement parce que je n’ai pas encore trouvé le courage de la clore.
Là je rêve que d’une chose, c’est que quelqu’un me dise : « ok Apolline, je t’en débarrasse pour 15 000€. J’en ferai soit des dons, soit gagner à une loterie, soit revendre car ça me plait ». Franchement même pour 10 000€ je laisse tout. Et j’investirai ensuite cet argent sur une assurance-vie.
Un échec qui s’est ajouté à un chagrin qui ne partait pas
Entre l’aventure Predictis vécue comme un échec — y compris familial, puisque je n’arrivais même pas à être logée suffisamment longtemps sur Lyon — et la tristesse pour mon chien qui ne diminuait pas, ce début d’année a été lourd. C’est dans ce contexte-là, précisément, que j’ai décidé de reprendre des cailles. J’en avais eu quelques années plus tôt et j’avais adoré ! Je me suis dit que ça pourrait me changer les idées et être utile vu que je mange beaucoup d’œufs.
Les cailles : la forteresse, les nuits blanches, la vie qui tient à un fil
Leur arrivée catastrophe
Six cailles sont arrivées, un peu tôt car je n’ai pas su dire non. De fait, deux ont été tuées en moins de deux heures. Une avait disparu, je la croyais morte. J’ai dû soigner et protéger les trois autres gravement blessées, en urgence, puis la quatrième est réapparue. Je les ai mises dans une salle/cave. Et j’ai commandé de quoi leur créer une véritable forteresse. J’ai passé presque 4 jours à monter leur nouvelle zone de vie. Et bien que cela faisait presque 3 semaines qu’elles avaient vécu leur attaque, je n’osais pas les remettre dehors. Sachant qu’il y en a quand même une qui est décédée des suites de ses blessures. J’ai finalement cédé. Elles méritaient une vie en plein air. Mais les premières nuits qu’elles ont repassées dehors, je n’ai pas dormi.
Mes cailleteaux
En parallèle, j’ai eu l’idée de mettre à incuber leurs premiers œufs, en me disant que certains étaient peut-être fécondés. Ça a été le cas pour quatre œufs sur neuf, et trois bébés sont finalement nés — pas le quatrième qui pourtant était parfaitement formé. J’ai finalement ouvert l’œuf 2 semaines après l’éclosion des premiers.
Le premier a décidé d’éclore pendant que j’étais à l’enterrement de vie de jeune fille de ma mère. Et j’ai pu voir la naissance des 2 autres. Qu’est-ce que c’est mignon un cailleteau. Et parce que je savais que j’allais m’absenter pour le mariage de ma mère, j’ai dû placer les bébés dehors à tout juste deux semaines, alors qu’ils n’étaient pas encore parfaitement emplumés — pour voir si la cohabitation avec les grosses allait le faire… Cependant les nuits étaient quand même fraiches mais pas le choix. Il fallait le faire tant que j’étais encore là pour veiller sur eux. Nouvelles nuits avec moins de 5h de sommeil.
Encore un de mes choix qui m’a pris beaucoup de temps et d’énergie, même si aujourd’hui je suis heureuse de voir que tout se passe bien pour elles et que je peux manger de bons petits œufs.
Ma négligence
Finalement, malgré le temps gagné par l’absence de juju, ne m’ayant pas réservé des créneaux pour prendre soin de moi, je n’avais pas une plus grande sensation de liberté. Parfois ponctuellement, j’arrivais à me perdre dans l’instant présent, faisant paraitre une minute comme une éternité mais cela était trop éphémère. Là mon objectif premier du prochain semestre c’est de me refaire passer avant.
Le paddle : la liberté, mais seulement après l’avoir gonflé
Il y a malgré tout eu une petite pépite pendant cette période : la découverte du paddle. Une sensation de liberté immédiate, dès que je suis sur l’eau — je précise car le gonfler est une autre histoire. Cependant, ces temps-ci, il n’y a plus assez d’eau dans les rivières alentour pour en profiter. Une saison où l’élan est là, mais où les conditions ne suivent pas.
Ce qui se construit, maintenant
Au milieu de tout ça, deux projets prennent forme :
- Avec Audrey, je commence à l’aider à vendre des méditations autour du couple, avec une rémunération liée aux ventes. La prochaine étape est une interview, diffusée sur mes réseaux.
- Le projet d’interviews de formations libératrices : interroger des personnes qui proposent des formations qui rendent plus libres, accéder gratuitement à leur formation, et réaliser en échange une interview et un retour d’expérience honnête.
Et il y a ma boîte à outils magique, en cours de création : une recette, une série d’exercices et un rituel sélectionnés selon mon humeur du moment — sans énergie, un peu d’énergie, beaucoup d’énergie, ou besoin de me recentrer.
Ce que ce semestre m’apprend sur ma définition de la liberté
Me suis-je sentie plus libre malgré le temps supplémentaire ? Non. Donc ce que ça m’a montré sur la liberté c’est qu’avoir du temps n’est pas suffisant car on peut le remplir avec des broutilles. Que parfois on semble ne pas avoir d’emploi du temps rempli mais quand le moral n’est pas là ou la santé, ce n’est pas évident de profiter de cette liberté. Et puis je ne vais pas le nier, même si je sais vivre avec peu, ne pas avoir de vraies rentrées d’argent ce n’est pas l’idéal pour moi, pour profiter sereinement de la liberté.
A travers ces lignes, on peut se dire que la liberté c’est aussi :
- la capacité à dire stop, même trop tard, plutôt que jamais,
- la capacité à se séparer de ce qui encombre, même quand ça a un prix,
- la capacité à ne pas confondre avoir du temps libre et être libre — le temps ne vaut que ce qu’on a l’énergie d’en faire,
- la capacité à remarquer quand on comble un vide en se donnant aux autres, plutôt qu’en se donnant à soi,
- et la capacité, une fois le constat posé, à se choisir en priorité — pas en théorie, mais dans l’agenda du prochain semestre.
Ce bilan n’a rien d’un triomphe. Sur le papier, j’ai eu plus de temps libre que l’année dernière — et pourtant, je ne me suis pas sentie plus libre pour autant. C’est peut-être ça, la vraie leçon de ces six mois : la liberté ne se loge pas dans les cases vides de l’agenda, elle se construit dans ce qu’on choisit d’y mettre, et surtout dans ce qu’on décide de ne plus y mettre. Le prochain semestre, j’aimerais essayer autre chose : me faire passer avant, pour de vrai.
Apolline